MODERNE PROMÉTHÉE : LA CRÉATURE DE FRANKENSTEIN

Presque 200 ans après le roman écrit par Mary Shelley, la « chose » plus connue sous le nom de la créature de  Frankenstein refait surface. C’est grâce à une bande dessinée que la créature voit à nouveau le jour. Une bande dessinée en noir et blanc, à l’image des tous premiers films de James Whale qui ont fait le succès de cette fiction. L’histoire de cette bande dessinée commence là où se termine le roman de Mary Shelley.

Dans le livre de M.Shelley, le docteur Victor Frankenstein, créateur du monstre, lui pose un ultimatum pour qu’il arrête de tuer son entourage. Le docteur Frankenstein, lui promet donc de fabriquer un compagnon pour qu’il arrête de s’en prendre aux humains. Pourtant, contre toute attente, il détruit le projet qu’il avait entrepris. Plein de rage, la créature décide de se venger et assassine le meilleur ami de son créateur ainsi que sa fiancée. Dévasté par son acte et rongé par les remords, il s’enfuit pour s’immoler par le feu. Cependant, la fin du roman laisse planer le doute. En effet, rien n’est dit dans le roman de Mary Shelley que Frankenstein est mort.

Un doute qui permet aujourd’hui, à Steves Niles et Bernie Wrightson de donner une suite à l’histoire de Mary Shelly, sous le titre « Le Monstre est vivant » paru aux éditons Soleil

Nous retrouvons donc la créature dans le froid glacé du nord. Traqué par son créateur, il tente de lui échapper tant bien que mal. La mort semble être est la seule solution qui lui vient à l’esprit. Il s’allonge donc, en espérant vivre ses derniers instants. Mais la glace fond rapidement.

Contre toute attente, il aperçoit au loin un volcan. Son choix est fait, la lave sera donc son dernier tombeau. Pourtant, de nombreuses années plus tard, une expédition de chercheur découvre sont corps recouvert de la lave qui a séché. Le docteur Simon Ingles, récupère ce qu’il pense être une sculpture de « golem ». Mais due à une erreur de manipulation, la soi-disant sculpture de « golem » se brise. Une maladresse qui libère la créature, de son sommeil profond.

Le dessinateur Bernie Wrighston dévoile un Frankenstein sous une apparence humaine, mais qui n’en reste pas moins effrayante. Il est très grand, n’a plus de nez, ses cheveux sont longs, et ses vêtements sont déchirés et sales.  Sa représentation est assez lointaine de celle proposée par James Whale.  Au fur et à mesure des pages, on  découvre dans ce premier tome, ce qui arriva après la fuite du monstre. Le scénariste Steve Niles, donne vie à un Frankenstein sensible et craintif que nous découvrons grâce à un scénario à glacer le sang.  L’intrigue est soutenue par les dessins inquiétants mais fort réussis de Bernie Wrightson en noir et blanc  avec parfois une superbe illustration couleur.

Ce nouvel album gothique nous immerge à nouveau dans cette histoire, fer de lance de la science-fiction des années 30/40.