TOUS AU CAFÉ L’HIRONDELLE !

Tiré de l’amusant livre éponyme de Jean-Marie Gourio paru aux éditions Points, l’adaptation au cinéma de « Brèves de Comptoir » réalisé par Jean-Michel Ribes est un petit chef d’œuvre mélancolique « bourré » de bon sens et d’humour. De 6h30 à 22h30, le fameux Café L’Hirondelle ouvre ses portes pour le plus grand bonheur de ses clients les plus fidèles.

C’est un bistrot hors du temps comme on en fait (presque) plus. Entre la factrice, jouée par l’excellente Annie Grégorio qui s’indigne des quotas pour devenir Miss Monde : « Pour être Miss Monde, il faut au moins 1 mètre 50 entre la bouche et le trou du cul », ou encore « Goûte, c’est du jambon que j’ai tué  » et les différents clients, le spectateur ne s’ennuiera pas un  instant. 

On retrouve aussi un chauffeur de taxi avec son chien qui parle à un collègue, des soins qu’a prodigué le vétérinaire à son chihuahua : « Je l’ai amené au vétérinaire » « et alors ? » « Il lui a mis un doigt dans le cul et tu sais ce qu’il m’a dit !? » « Non ? » « Votre chienne, elle a rien » « Et bien ? » « Pourquoi il lui met un doigt dans le cul si elle a rien ? ».

On l’aura compris, au Café de L’Hirondelle, on boit, on parle de tout et de rien, on s’indigne, et on re-boit encore et encore. On ne se lasse pas du bon sens populaire qui découle de ce film.  « Brèves de comptoir » est un film qui fait du bien. On rit sans honte des sentences dites avec tant d’aplomb, on rit des personnages et de leur situation souvent cocasse. Un film simple et drôle, bercé de tendresse et d’émotion.

Le procédé de narration, lui, semble plutôt curieux pour le cinéma, mais cela ne nous empêche pas de rire de (presque) tout. On est là dans une sorte de théâtre filmé, ce qui s’explique avec à la réalisation Jean-Michel Ribes, très connu pour ses mises en scène au théâtre. Ce film s’articule autour de toutes les brèves que l’auteur, Jean-Marie Gourio, a recueilli au fil des ans. Mais ce qu’il faut tout de même noter de remarquable, c’est l’habilitée du réalisateur avec lequel il arrive a créer un univers autour de ces brèves sarcastique et à l’humour noir.

Alors certes, c’est un univers cabossé, voir excentrique, qui nous est présenté dans ce film, mais quand on revoit (presque) l’ensemble du cinéma français comme l’irrésistible Yolande Moreau, ex Deschiens, on ne peut qu’avoir le sourire aux lèvres.

Il faut admettre qu’entre absurdités poétiques, subtiles horreurs et humour noir, on ne se lasse pas d’écouter ces fameux aphorismes débités par d’excellents comédiens.  Une bonne soirée en perspective !