LA BOUITTE, SIMPLY CHIC à St Martin de Belleville

Quant on parle de gastronomie, on pense cuisine riche et arrogante… Hors, certains restaurants distingués par le Michelin offrent à ce jour une autre vision sur cette dernière.  C’est le cas de La Bouitte qui veut dire en patois savoyard Petite Maison et qui se trouve dans le joli village de Saint Martin de Belleville.

Cette vénérable institution, lancée par Réné Meilleur qui aidé de son épouse démarra avec un restaurant  dédié à la raclette. La ténacité, le goût du travail bien fait et le courage, ont permis à son rêve de restaurant gastronomique de prendre vie.

Aujourd’hui, La Bouitte c’est un restaurant reconnu et honoré de deux macarons au Michelin.  Au restaurant et au fil du temps, se sont ajouté 16 chambres dont 8 suites d’un  goût charmant et dans le plus pur esprit chalet de montagne. Plaids et coussins en fausse fourrure, omniprésence du bois, le confort savoyard tel que l’illustre les magazines de décoration.

Le nouvel arrivant aura droit à un thé de bienvenu frais préparé madame Meilleur elle même  Le petit déjeuner servi dans un large panier en osier, comporte tout ce que le client le plus exigeant peut espérer : pain, viennoiseries, confitures, yaourts, jus d’orange tout est frais tout est fait maison. Les adeptes des massages auront accès au Spa (soins de 45 € à 140 €) et les moins frileux tenteront le jacuzzi en plein air.

Aux fourneaux, un duo familial qui fonctionne en symbiose. René Meilleur, soutenu par son fils Maxime et bientôt appuyé  par le jeune Oscar – le petit fils, bon sang ne saurait mentir- propose mais on peut parler d’offrande à ce niveau de qualité, une cuisine aérienne et sophistiquée juste ce qu’il faut. Ici pas de faux pas, pas de mélange excentrique. On est dans l’équilibre, dans l’élégance, pas dans l’excès et les effets.  On va à l’essentiel en une  bouchée, plaisir rare ! Nul besoin de tergiverser sur les cuissons, elles sont impeccables. Ces prouesses sont le fait des deux chefs mais aussi de leurs assistants : Stéphane Durand, Anthony Fresnay et leur brigade.

Le service discret, impeccable et jeune fait que l’on se sent de suite à l’aise. L’aisance et la sensation de bien être sont indispensables dans les restaurants de cet ordre. Le personnel est attentif mais pas pesant. On va même -délicate attention- à présenter au client une liste de produits auquel il peut être allergique, ou dont il n’a tout simplement pas envie.  Une fois attablé confortablement, les choses sérieuses peuvent commencer…

Une mise en bouche de haute tenue est servie.  Il s’agit d’une huître Gillardeau en voile d’eau de mer, perle de yuzu. servie avec un cromesquis de boudin noir et pomme et tartelette à la volaille confite. Mention très bien à l’huître d’une fraîcheur confondante.

Toujours dans l’exquise fraîcheur, une truite Fario (85 €) qui le matin évoluait encore dans l’aquarium de La Bouitte, est cuite au bleu, accompagnée de beurre frais fondu, carottes à l’oseille résistantes sous la dent juste ce qu’il faut, sabayon acidulé.

Les amateurs de cuisses de grenouilles se délecteront de ces dernières en jambonnette, cuisson meunière, ail noir, tiges de cresson, persil plat émulsionné (85 €).  Ici, on est dans le subtil et quel bonheur que de les saisir avec les doigts ! Idem avec les minis côtelettes saisies du dos de Laperau avec artichauts, grattons, thym et citron. On savoure avec les yeux, le palais et les doigts. Le tactile flirte avec le (bon) goût, tous les sens sont en éveil.

Un pré dessert : une eau de coing « façon bière »  servi avec un chips de coing fera office de trou normand.

Pour les consommateurs friands de lait, Le Lait dans tous ses états accompagné de meringue, confiture, sorbet et biscuit  (36 €) fera leur bonheur.  Les réticents à ce breuvage qu’est le lait, gouterons avec prudence. Ils pourront toujours se rabattre sur un Safran des Granges qui est en fait une coque sablée aux fruits de la passion (36 €). Mais que serait un repas aussi excellent soit-il, sans un breuvage digne de lui ? La responsabilité de choisir mais surtout conseiller des crus nouveaux et surprenants revient au jeune sommelier Florian Bagourd.  Son choix serait approuvé par le grand George Lepré maître sommelier au légendaire Hôtel Ritz et auteur de plusieurs ouvrages sur le vin.

Vu la situation géographique de La Bouitte ce jeune homme mets en avant les vins blancs de Savoie (entre 72 et 150 € la bouteille) et c’est avec curiosité que l’on trempera les lèvres dans ces crus d’excellente facture. Le coup de cœur s’impose pour le Cépage Gringer de Dominique Belluard (102 €).  Une vraie et belle découverte !  On ne négligera pas non plus le Château du Hureau (94 €) et le Clos Cristal Hospice de Saumur (78 €).  La carte des vins est impressionnante et ravira même les plus blasés des passionnés.

La Bouitte propose aussi des formules découvertes des plus intéressantes pour s’initier à la gastronomie de 3 à 8 plats et à partir de 115 à 225 € sans les vins.

La présence en salle des deux chefs est rassurante. Chacun ayant un mot aimable pour les convives, s’attardant parfois pour faire partager leur passion. Et la passion ici est contagieuse…

Christian Charrat

Chambres à partir de 199 € – Suites à partir de 269 €

La Bouitte – Hameau de Saint Marcel 73440 St Martin de Belleville – France – Tel :+33(0)4.79.08.96.77 – info@la-bouitte.com